J’accompagne en ce moment en ce moment une créatrice d’entreprise dans le secteur du bien-être. Nous travaillions aujourd’hui son plan de communication, avant de la former au graphisme et au web.
Pour avoir déjà suivi pour leur communication des masseurs, une sophrologue, ou encore une naturopathe, j’ai déjà eu l’occasion de réfléchir aux enjeux spécifiques des professionnels de la communication en terme de communication.
Petit rappel sur les questions à se poser.

La santé, un secteur réglementé

Les professionnels de santé, notamment les médecins, n’ont pas le droit de faire la publicité de leur activité. Si cette disposition est en débat (en janvier 2019, l’Autorité de la Concurrence appelait à lever cette interdiction), elle est encore en vigueur à ce jour.
> les questions posées par la publicité des médecins

Pour les professionnels du bien-être en revanche, ni la communication ni la publicité ne sont interdites
MAIS
le contenu de l’information donnée doit renseigner les consommateurs, et ne doit en aucun cas laisser penser qu’il s’agit de professionnels de santé !

Le rapport 2019 de la DGCCRF sur les professionnels du bien-être

En 2019, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes a mené des contrôles auprès de 675 professionnels des médecines douces et du bien-être (médecine naturelle, naturopathie, accupuncteurs, …).
Elle constaté 460 infractions à la réglementation – la plupart, bénignes, n’ont donné lieu qu’à un avertissement, mais 15 ont été transmises au parquet pour allégation d’exercice illégal de la médecine.

Dans ses préconisations, elle rappelle que le vocabulaire employé ne doit jamais laisser penser qu’il s’agit d’un soin :

Certains professionnels soulignent ainsi qu’ils « participent à la guérison », « soulagent la douleur », « traitent les maladies graves » ou utilisent abusivement des termes médicaux tels que « consultations » ou « patient ».

Rapport de la DGCCRF

Il convient donc d’être extrêmement prudent sur les allégations liées à la santé dans les rédactionnels des plaquettes, flyers ou sites internet des professionnels du bien-être !
Les professionnels du bien-être ne peuvent pas avoir :

  • de patient, de patientèle, et recevoir en consultation,
  • une action de guérir et/ou de soigner une ou des maladies,
  • une action de substitution à l’acte médical,
  • une action de soulagement de la douleur.

Comme pour tous les indépendants, la DGCCRF signale également des manquements sur l’affichage des prix, les informations du consommateur, la mention de clauses illicites dans les CGV, ou encore l’absence d’information relative à la possibilité de recourir à un médiateur de la consommation.

> Lire le Rapport :
« Médecines » douces ou alternatives, des insuffisances dans le respect de la réglementation.

Massage : un mot réservé… jusqu’à fin 2015

L.4321-1 du Code de la santé publique, jusqu’à 2015, réservait le terme de « massage » à l’exercice de la profession de masseur-kinésithérapeuthe.
Les masseurs non membres de cet ordre devaient donc préciser « massage bien-être » sur tous leurs documents de communication, sous peine de se voir potentiellement attaqués.

Depuis le 26 janvier 2016, modifié par la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé, l’article L.4321-1 du Code de la santé publique ne fait plus référence au terme du massage mais renvoit à la définition de la masso-kinésithérapie.

Depuis le 26 janvier 2016, les masseurs d’ont donc plus à craindre les attaques pour exercice illégal de la masso-kinésithérapie portées sur la seule utilisation du mot « massage ».
Ils doivent cependant rester très vigilants dans le choix des mots employés dans leurs documents de communication, plaquettes, flyers ou sites internet, afin de bien respecter la distinction entre massage bien-être et masso-kinésithérapie.

Pour en savoir plus sur l’accompagnement-formation pour les nouveaux professionnels du bien-être : www.gael-lemouton.com

Les professionnels du bien-être et la communication